Parti QuébécoisPierre Curzi, Borduas
Porte-parole de l'opposition officielle en matière d'Éducation primaire et secondaire
Porte-parole de l'opposition officielle en matière de Langue

POURQUOI LA MINISTRE ENTÉRINE-T-ELLE LES ERREMENTS DE LA COUR SUPRÊME DU CANADA ?



Ce n'est pas la protection de la langue française qui a principalement inspiré la réponse du gouvernement au jugement de la Cour suprême portant sur la loi 104. Des considérations politiques ont davantage guidé sa position. Les libéraux ont veillé à ne pas provoquer de mécontentement dans la communauté et la députation anglophone, de crainte d'affaiblir leur gouvernement.

Sur cette base, et en rejetant l'avis du Conseil supérieur de la langue française, les libéraux ont capitulé sans la moindre hésitation devant le jugement de la Cour suprême. Le gouvernement nous propose donc un projet de loi qui vient sanctifier le règne de l'arbitraire et crée deux classes de citoyens au Québec: ceux qui observent la loi et ceux qui paient pour la contourner et pour s'acheter un droit à l'anglicisation de leurs enfants et de leur descendance.

Selon la CSN, le gouvernement manque de courage. La Fédération autonome de l'enseignement, la Centrale des syndicats du Québec, les différents mouvements de défense de la langue française, les éditorialistes, tous dénoncent cette loi. Dans le prochain numéro de L'Actualité , en réponse à une question sur la loi n° 104, M. Benoît Pelletier, ex-ministre libéral, répond: «Ce jugement invalide de nouveau la loi 101 et il est lourd de conséquences, car il ouvre la voie aux francophones qui veulent fréquenter l'école anglaise. La cour devrait davantage tenir compte de la réalité linguistique et sociodémographique du Québec. Elle devrait confirmer la loi 101 plutôt que l'infirmer.»

Pourquoi la ministre Christine St-Pierre entérine-t-elle les errements de la Cour suprême, dénoncés par son ancien collègue? Quels sont les groupes les plus influents qui ont convaincu la ministre responsable de la Charte de la langue française de porter un nouveau coup à la charte et à la langue elle-même?